La relance, une opportunité d’accroître la circularité de l’économie québécoise

Depuis le début de la crise sanitaire, ÉEQ a effectué des analyses quant à l’impact de la COVID-19 sur l’industrie du recyclage, sur l’écoconception des emballages ainsi que sur les changements d’habitudes des consommateurs. En ces temps chargés de défis et considérant notre mission, il s’avérait essentiel pour nous de formuler des propositions visant l’atteinte d’objectifs environnementaux ambitieux pour une relance et une croissance verte et circulaire de l’économie québécoise.

Rappelons d’abord les investissements majeurs annoncés pour la gestion des matières résiduelles dans les deux derniers budgets du gouvernement Legault. Ces sommes pavent la voie à nos recommandations.

Nous fondons également beaucoup d’espoir dans le projet de modernisation de la collecte sélective annoncée par le ministre Charette, le 11 février dernier. Celui-ci place les entreprises, qui produisent et mettent en marché des contenants, emballages et imprimés, au cœur du système, en partenariat avec les municipalités. Les travaux de diagnostic déjà entamés dans le cadre de cette modernisation prioriseront les investissements à déployer dans les infrastructures de recyclage.

L’économie circulaire des matières recyclables à notre portée

La relance offre au Québec une opportunité de faire de la circularité de ses ressources un véritable levier économique. Nos propositions* vont en ce sens, notamment :

Appuyer l’utilisation d’emballages écoconçus et le développement de nouvelles technologies de recyclage en :

Soumettre les entreprises sans établissement au Québec aux mêmes obligations que celles présentes au Québec

En effet, les entreprises de commerce électronique ne facturent généralement ni les frais de douane ni les taxes à leurs clients québécois et ne sont pas assujetties à l’obligation légale de financer la collecte sélective des matières recyclables.

Prioriser le développement de marchés locaux et limitrophes pour les matières recyclées

Alors que la concurrence mondiale pour les matières premières s’intensifie, la prévention des déchets, la stimulation du recyclage et l’utilisation accrue des matières premières secondaires contribuent à réduire cette dépendance.

Exiger des critères d’approvisionnement responsable auprès des donneurs d’ordres gouvernementaux

  • Inclure des critères d’approvisionnement responsable intégrant des écomatériaux et des critères d’écoconception auprès des donneurs d’ordres gouvernementaux.
  • Modifier la législation, incluant la définition de « matières résiduelles », dans la Loi sur la qualité de l’environnement pour favoriser l’émergence des écomatériaux et faciliter leur utilisation.

Il va sans dire que ÉEQ offre sa pleine et entière collaboration au gouvernement et aux partenaires du système de récupération et du recyclage pour faire de la relance de l’économie québécoise une réelle opportunité de mise en place d’une économie circulaire et pérenne des matières visées par la collecte sélective.

Maryse Vermette
Présidente-directrice générale

 

*Le document Propositions pour accroître la circularité de l’économie québécoise détaille les moyens privilégiés pour chacune de ces actions.